Après le succès mondial remporté, à la fin des années 80, par "Akira" de Katsuhiro Otomo, le marché japonais du manga a vu naître, sans grand succès ni fierté, une quantité d’histoires reprenant des thèmes similaires à l’œuvre culte: une organisation secrète manipule de jeunes adolescents pour en faire des monstres qui, finalement, deviendront incontrôlables.
Si "ARMS" s’inscrit dans la parfaite lignée du genre dit "de la conspiration", la comparaison avec l’œuvre d’Otomo s’arrête là. Une bonne décennie après Otomo, Ryôji Minagawa a mûri et dont les références ont évolué; dès lors, il se trouve à même de renouveler un genre que l’on croyait n’appartenir qu’à un seul homme pour encore de longues années. Avec "ARMS", il met admirablement en scène l’histoire d’une bande d’adolescents, venus des quatre coins du Japon, qui ignoraient tout, les uns des autres, avant de se trouver un terrible point commun: ARMS.
Que cachent ces quatre lettres? Que faire quand votre destin vous échappe? Que faire quand un passé dont vous n’avez aucun souvenir, vous rattrape et fait de vous un danger pour l’humanité?
De page en page, de chapitre en chapitre, l’histoire créée par Ryôji Minagawa prend une densité inhabituelle pour un manga destiné, à l’origine, à des adolescents. Outre le talent graphique de l’auteur, il est difficile de ne pas mentionner l’habileté avec laquelle Minagawa a développé un scénario qui surprend sans cesse et qui tient véritablement le lecteur en haleine.
L’année 2002 fut une année difficile pour les fans japonais de mangas car elle vit la fin de deux grandes séries de la Shôgakukan: "Monster" de Naoki Urasawa et "ARMS". Deux grandes œuvres des années 2000 dont l’une est à la science-fiction ce que l’autre est au polar.